upl.ci : L’affaire Ivoire Challenge Corporation SARL a connu un tournant judiciaire majeur à la suite du communiqué officiel publié le 7 octobre 2026 par le procureur national financier. Selon ce communiqué, une soixantaine de plaignants ont été concernés par une présumée escroquerie immobilière portant sur un montant provisoire de 320 701 500 francs CFA. Les fonds ont été collectés auprès de personnes auxquelles des parcelles de terrain ont été proposées alors que les mis en cause n’en ont pas été propriétaires.
La principale mise en cause, Djedje Grahon Rita Bénédicte, a utilisé la notoriété de plusieurs artistes, journalistes et créateurs de contenus pour attirer des souscripteurs. Des vidéos promotionnelles et des groupes WhatsApp ont notamment servi à présenter les projets comme fiables, à encourager les investissements et, dans certains cas, à recueillir des fonds pour son compte.
À l’issue de l’enquête préliminaire, une information judiciaire a été ouverte contre Rita Djedje, sa société et plusieurs autres personnes citées par le parquet, notamment Zahibo Jean, alias John Jay ; Serey Dié Geoffroy ; Adrienne Koutouan ; Agbré Stéphane, alias Apoutchou National ; Dali Dago Aristide, alias Pantcho le Gâtair ; Kouamé Yeelen Virginie, alias Maa Bio ; et Soumahoro Aboubacar, alias Yaka Yaka de Paris.
Les faits visés par la procédure ont compris notamment l’association de malfaiteurs, l’escroquerie portant sur du numéraire par appel public à l’épargne, l’abus de confiance, le faux et l’usage de faux dans des documents administratifs, la complicité d’escroquerie et le blanchiment de capitaux. Le procureur national financier a requis un mandat de dépôt contre Rita Djedje en invoquant la gravité des faits présumés et le risque de leur renouvellement. Cette réquisition n’a toutefois pas constitué, à elle seule, une décision de placement en détention.
Le parquet a affirmé avoir pris toutes les dispositions nécessaires pour établir les faits et déterminer les responsabilités individuelles. Il a également rappelé que la principale mise en cause aurait déjà recouru, dans des affaires antérieures d’escroquerie, à des mécanismes d’appel public à l’épargne en s’appuyant sur des personnes connues. Il a ainsi appelé les populations à la prudence face aux investissements promus sur les réseaux sociaux et en dehors des circuits officiels.
Cette affaire a également soulevé la question de la responsabilité des personnalités publiques ayant participé à la promotion de projets financiers ou immobiliers. La justice a été appelée à distinguer les interventions publicitaires de bonne foi d’une éventuelle participation consciente à des activités frauduleuses. À ce stade, toutes les personnes citées ont bénéficié de la présomption d’innocence, et leur implication respective n’a pas encore été définitivement établie.
Au-delà des sommes en jeu, ce dossier a mis en lumière les conséquences humaines et financières de ces opérations présumées, notamment pour les familles qui ont espéré acquérir un terrain ou construire un logement. Il a également souligné la nécessité de renforcer la transparence des transactions immobilières et la sensibilisation des investisseurs aux risques de fraude.
En définitive, l’affaire Ivoire Challenge Corporation a rappelé que la célébrité et la confiance inspirée par les personnalités publiques n’ont constitué aucune garantie de légalité ou de sécurité financière. La vérification des titres fonciers, de l’identité des propriétaires et des autorisations requises est demeurée indispensable pour protéger les investisseurs et prévenir les escroqueries immobilières.
OJL
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