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La politique, au lieu de nous unir, ne fait, depuis des années, qu’approfondir les divisions entre nous. Notre société est très polarisée et certains propos régulièrement tenus n’arrangent pas la situation.
En effet, les propos du genre « quand vous allez perdre le pouvoir, vous allez voir » auxquels répondent « ce pouvoir, nous n’allons jamais le laisser aux autres » ne créent pas la confiance au sein de la Nation et entre une partie de la population et les gouvernants. Ces propos détruisent la cohésion sociale, instaurent un climat de méfiance, la peur de perdre le pouvoir et empêchent toute alternance politique.
Il y a beaucoup de colère et de frustrations dans la société ivoirienne. La Côte d’Ivoire, notre pays, reste traversée par des problèmes qui risquent d’anéantir ce que les divisions politiques n’ont pas détruit de la cohésion nationale. De nombreux Ivoiriens crient à l’injustice : un camp, apparemment intouchable, a le droit de s’exprimer, de tenir des propos répréhensibles. Mais l’autre n’en a pas le droit et risque, à tout moment, d’être confronté à ses propos.
C’est en ces termes que certains Ivoiriens lisent le sort qui a été celui du prophète David Aimé Jérémie, de son vrai nom N'Guessan Koffi Aimé, dont l’arrestation musclée le 10 août dernier a ému le monde entier. Et le silence qui entoure sa situation alimente les rumeurs les plus folles.
Il faut éviter que l’histoire de la Côte d’Ivoire se répète à chaque occasion. En effet, il fut un moment, dans notre histoire collective très récente, où lorsque certains ont eu l’impression que la voix politique était bâillonnée, des prêches enflammés ont eu lieu dans des lieux de culte où l’on priait publiquement pour la venue au pouvoir d’un homme politique.
La prophétie naît là où tout espoir de mieux-être semble anéanti ou impossible. La prophétie est fille du désespoir que les Nations créent aux peuples. N’ayons pas la malédiction d’emprunter la voie de ceux qui nous ont précédés. Si cela arrive, c’est que le pays lui-même est à réinitialiser au plan de la gouvernance et de l’éthique sociale parce que quelque chose ne va pas.
En tant que citoyen, l’homme religieux dispose d’un droit à la parole politique. La politique est partout dans la Bible, dans le Coran et dans bien d’autres textes spirituels.
Mais, l’homme de Dieu, pasteur ou imam, doit se garder d’être un passionné de la politique tout en ayant une parole politique d’espérance qu’il est amené à nourrir ou à construire chez ses fidèles dans ses prêches. L’homme de Dieu, pasteur ou imam, a le devoir de dire la vérité aux gouvernants et ce qui semble juste pour son peuple, que ça plaise ou que ça ne plaise pas, parce que sa mission pastorale le rend solidaire de la souffrance et des espérances de ses fidèles.
Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » plaide la clémence pour le prophète David Aimé pour des raisons médicales. La chirurgie lourde qu’il a subie et qui est suivie de certaines recommandations médicales strictes le rend inapte à l’univers carcéral et à toute autre forme de pression.
Les Ivoiriens déplorent les condamnations sélectives qui se sont malheureusement, depuis des décennies et sans discontinuer, normalisées en Côte d’Ivoire dans la parole publique (des uns et des autres) et au niveau de la parole judiciaire. Il y aurait la Côte d’Ivoire des uns et la Côte d’Ivoire des autres.
Un camp veut rester au pouvoir pendant au moins cinquante ans. Des discours publics régulièrement tenus depuis des années l’attestent. Ce qui est totalement irrationnel, à moins que ce camp-là n’installe une dictature comme la Côte d’Ivoire n’en a jamais connue de toute son histoire. Parler même de conserver le pouvoir sur une si longue période retire à la Côte d’Ivoire son inscription dans les démocraties du monde.
Un autre camp veut que les règles de la démocratie soient respectées avec, clairement inscrites dans la Constitution et sans ambiguïté, la limitation des mandats présidentiels et la continuité de la règle juridique, une constitution rédigée par une Assemblée constituante et non par un groupe d’experts qui va dire et se dédire pour ruser avec l’intelligence du peuple.
A côté de ces deux Côte d’Ivoire des cœurs divisés et divisées en droit constitutionnel se trouvent les Côte d’Ivoire des poches divisées: la Côte d’Ivoire des riches qui deviennent toujours plus riches et la Côte d’Ivoire des pauvres qui s’appauvrissent chaque jour un peu plus, victimes de toutes sortes de hausses et de taxes qui réduisent leur pouvoir d’achat. La Côte d’Ivoire n'évolue pas mais recule sur les questions sociétales comme marquée par une étrange malédiction.
La Côte d’Ivoire, un pays marqué par de nombreux problèmes de société et de gouvernance qui s’aggravent d’un pouvoir à l’autre
Des maisons sont cassées, des quartiers entiers sont rasés par des opérations de déguerpissements qui mettent à la rue de nombreuses familles et brisent de nombreuses vies. L’exemple le plus éloquent est celui de Koumassi Campement où l’on semble avoir assisté à une tentative d’expropriation basée sur une fausse décision de justice. Les Ivoiriens ont l’impression que détenir un titre foncier en Côte d’Ivoire ne garantit pas la sécurité foncière et n’empêche pas la visite des bulldozers un beau matin. Et les Ivoiriens crient, crient, crient et pleurent comme des orphelins.
Et pourtant, économiquement, tout va bien. La macroéconomie se porte bien. Les institutions financières et les créanciers étrangers se frottent les mains. La Côte d’Ivoire emprunte bien, rembourse bien, se vend bien sur le marché obligataire. Elle est même encouragée à emprunter encore et encore pour le bonheur des générations futures qui auront le boulet de la dette aux pieds, une dette publique de 56,7% du PIB, considérée comme raisonnable dans un monde où certains Etats dits puissants sont en quasi faillite avec des niveaux d’endettement qui dépassent les 100% du PIB.
On prend crédit pour rembourser crédit. On prend aussi crédit pour construire des infrastructures, des ponts et des routes, qu’on rembourse avec des péages, appauvrissant davantage les populations, des ouvrages qui vont se dégrader au bout de quelques années et nécessiter encore d’autres milliards à crédit pour leur réfection. C’est utile parce que cela transforme substantiellement la vie des Ivoiriens et permet de gagner quelques points au niveau du PIB. Malheureusement, c’est de la croissance à crédit. Et ce n'est pas suffisant pour transformer en profondeur la structure de l’économie de la Côte d’Ivoire et impacter durablement ce PIB.
Pourquoi ne pas explorer une autre utilisation de l’endettement comme dans la création d’entreprises de transformation des matières premières près des sites de production, avec une participation mixte, des entreprises dans lesquelles la part de l’Etat sera la plus importante ? On crée alors des entreprises viables à long terme, des emplois stables et non saisonniers sur toute l’étendue du territoire national et des produits à forte valeur ajoutée qui augmentent les revenus du pays.
Pendant que l’extérieur se réjouit d’avoir en la Côte d’Ivoire un partenaire fiable et de qualité, une perspective positive qui permet au pays de bénéficier d’un accès favorable aux marchés internationaux, pendant qu’un immeuble de 76 étages, la plus haute tour d’Afrique, s’élève dans le ciel d’Abidjan, les populations crient contre la pauvreté, crient contre la vie chère, crient contre les dépenses qui vont s’accroître en cette période de rentrée des classes, crient contre la mauvaise qualité de l’eau qui sort des robinets, crient contre le chômage devenu massif, avec leurs enfants sur qui ils ont dépensé leurs économies et qui, d’année en année, passent concours sur concours pour des places très limitées.
Pendant que les populations crient, la terre et les eaux de la Côte d’Ivoire crient elles aussi. Pendant que la lagune Ebrié est malmenée par le remblayage illégal, l’orpaillage clandestin, lui, détruit nos eaux et notre terre.
Au sortir de la crise postélectorale, l’absence de sanction contre certaines personnes nommément désignées dans des rapports onusiens comme impliquées dans l'orpaillage illégal aurait-elle contribué à l’aggravation de la situation ? Le fait d’avoir laissé des individus investir nos forêts classées pour y faire des trous béants à la recherche de l’or n’a-t-il pas encouragé le phénomène à s’étendre ? On ne le saura pas sans une enquête approfondie.
Mais, aujourd'hui, le constat est là, triste et tragique : toutes nos régions sont impactées par l’orpaillage illégal et toutes les populations ivoiriennes sont exposées aux pathologies de toutes sortes liées au mercure et au cyanure.
En attendant une lente et longue décontamination de nos eaux, les Ivoiriens devraient faire face, dans les années à venir, à une extermination de la population qui ne dit pas son nom, à un dépeuplement méticuleux par empoisonnement massif au cyanure et au mercure.
Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » se félicite de la destruction des sites d’orpaillage et de la saisie de pelleteuses, de porte-chars, de motopompes et autres matériels bien visibles mais que personne ne voyait jusque-là. Mais la lutte menée par la gendarmerie, le Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal et tous les autres services de l’Etat ne portera aucun fruit si la chaîne logistique (propriétaires de sites, laveurs, facilitateurs, gérants, intermédiaires, blanchisseurs d’argent, etc.) n’est pas démantelée et si les personnes tapies dans l’ombre qui financent et organisent cette activité criminelle ne sont pas interpellées. La Côte d’Ivoire a les moyens de les retrouver et de les attraper ou de délivrer des mandats contre eux.
Bien que la Côte d’Ivoire dispose d’un potentiel d’environ 475 000 à 500 000 hectares de terres irrigables, sa production de riz peine à couvrir les besoins de la consommation locale, et comble de l’ironie, elle se fait offrir, en 2026, du riz par la Chine alors qu’elle-même, sous le Président Félix Houphouët-Boigny, était autosuffisante en riz, il y a à peu près 34 ans. Depuis la fin de l’ère Houphouët-Boigny, on a préféré laisser, au nom du libéralisme et pour satisfaire certains intérêts, quelques individus s’accaparer le marché du riz pour se remplir les poches et on a abandonné la politique initiale d’autosuffisance en riz. L’esprit commerçant a eu raison et continue, en 2026, d’avoir raison de la politique nationale d’autosuffisance en riz.
Que dire aussi des concours de la fonction publique, du tollé provoqué par des recrutements spéciaux dans certains corps, de la falsification des documents administratifs ? Ceci n’est qu’un petit échantillon des maux qui minent notre société. Toutes ces pratiques affaiblissent l’autorité de l’Etat. Et là où l’Etat est faible, prospèrent des mafias et trafics de toutes sortes (de pierres précieuses, d’or, de bois, de faux médicaments, des produits de contrebande, de drogue, de terrains, etc.).
Il faut impérativement trouver une solution à l’esprit commerçant qui est en train de détruire méticuleusement et fatalement la Côte d’Ivoire et qui fait que tout se vend dans ce pays : notre passeport, notre carte nationale d’identité et bien d’autres documents administratifs, les concours, les services administratifs, etc. Et la situation empire d’un pouvoir à l’autre depuis des décennies.
Le pays est gangréné par le phénomène de la corruption qui s’est ancré dans les pratiques quotidiennes et qui est devenu finalement quelque chose de banal pour tout le monde. Une longue tradition d’impunité s’est instaurée dans le pays et qui a produit de nombreux et nouveaux riches de la République à chaque pouvoir, et tout cela au détriment du peuple.
Quand les projecteurs sont braqués sur un coupable présumé de détournement des deniers publics ou de surfacturations, on le met pendant quelques temps à l’ombre pour le faire oublier, puis après, on le ressort afin qu’il occupe un autre poste non moins important que le précédent.
Voilà ce que la culture de l’impunité a produit comme pratique en Côte d’Ivoire ; et cela, depuis la célèbre formule d’Houphouët-Boigny : « on ne regarde pas dans la bouche de celui qui grille des arachides ». Le niveau d’endettement préoccupant que le pays a atteint et l’exigence de bonne gouvernance recommandent que la République regarde désormais dans la bouche de tous les grilleurs d’arachides et qu’on la vide de toute l’arachide subtilisée au peuple.
Même le paiement de la bourse (d’études) des élèves et étudiants fait l’objet de plaintes, tellement les retards sont constants et se sont systématisés d’année en année. Les Ivoiriens demandent que soit mis fin à la pratique des bourses post-études, qui ne sont plus valables pour l’année scolaire ou universitaire indiquée, qui viennent après l’année scolaire ou universitaire qu’elles sont censées couvrir normalement et avec des amputations diverses.
Par exemple, la petite bourse des élèves qui est de 36000 francs est désormais retirée à 35 000 francs non plus pendant l’année scolaire qu’elle couvre mais vers la fin de l’année d’après. Pour le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire », l’aide à la scolarité ne doit pas devenir un chemin de croix pour les élèves et étudiants de Côte d’Ivoire. Le gouvernement devrait se pencher sur cette situation pour que la bourse serve aux études de l’année.
Ajoutés à la question du rattrapage ethnique vécu par une bonne partie des Ivoiriens comme du privilège accordé par accommodement ethnique et une confiscation de l’administration publique et de l’appareil d’Etat par un groupe et qui mettrait la loyauté au-dessus de la probité, les problèmes de société énumérés créent en Côte d’Ivoire un profond malaise chez les populations. La situation est alarmante et risque d’être conflictogène à long terme.
En effet, la société ivoirienne est tellement polarisée et traversée par des problèmes anciens qui s’aggravent d’un pouvoir à l’autre que si, à l’avenir, elle ne trouve pas un dirigeant capable de rassembler réellement toutes les communautés, de nommer aux emplois publics avec équité et de faire du rattrapage sur le retard de développement accusé mais vient faire encore du rattrapage en faveur d’une communauté ethno-sociale, sous prétexte qu’elle aurait été lésée, la Côte d’Ivoire devra affronter ses propres monstres.
Mais l’espoir est permis si les bonnes décisions sont prises.
Monsieur le Président de la République,
Vous avez eu et avez toujours pour ambition de transformer la Côte d’Ivoire. « Donnez-moi 5 ans pour transformer la Côte d’Ivoire » avez-vous dit lors de la campagne électorale de 2010. Mais la Côte d’Ivoire, notre pays, est pour le moment un miroir aux alouettes miné par de nombreux problèmes de société et de gouvernance qui risquent d’anéantir tous les efforts de développement économique déployés.
Monsieur le Président de la République,
Il est encore possible de sauver la Côte d’Ivoire de la fatalité de la déchéance éthique et de la guerre civile destructrice à laquelle tout le monde pense et que tout le monde voit venir à l’horizon, même si ça semble lointain, mais dont personne n’ose parler. Et la France qui, parce qu’elle a repris la main à la faveur de la crise postélectorale de 2010, a décidé de fermer les yeux pourvu que les affaires prospèrent bien en millions d’euros pour ses entreprises n’aura plus, en ce moment-là, aucune affaire du tout. Qu’elle se rappelle ce qui s’est passé au Rwanda et le sort qui a été celui de ses entreprises.
Monsieur le Président de la République,
Les Ivoiriens attendent du rassemblement sans rattrapage et sans favoritisme pour aucun groupe ethnique. Vous trouverez la formule appropriée parce que les Ivoiriens doivent se retrouver à nouveau dans toutes leurs sensibilités sociales, politiques et religieuses pour dire comment on doit vivre uni dans ce pays qui est le nôtre à tous. Ce n’est pas parce que les Ivoiriens ne s’expriment pas bruyamment que cela n’est pas un besoin national, partagé par toutes les communautés.
Les Ivoiriens ont aussi besoin d’être rassurés qu’ils sont en démocratie parce qu’ils ont peur. Oui, certains Ivoiriens ont peur, même si la résilience légendaire de l’Ivoirien les empêche d’afficher leur pessimisme et leur scepticisme, quand bien même le gouvernement se voudrait rassurant. Votre pouvoir leur rappelle tout ce qui était reproché au pouvoir du Président Laurent Gbagbo et au pouvoir du Président Henri Konan Bédié comme si la Côte d’Ivoire changeait sans changer.
Dans les campagnes comme dans les villes, beaucoup se demandent ce que seront leurs lendemains et l’avenir de leurs enfants tellement ils ont l’impression qu’il y a la Côte d’Ivoire des uns et la Côte d’Ivoire des autres : deux Côte d’Ivoire qui ne vivent pas les mêmes réalités.
Nous devons construire une Côte d’Ivoire économiquement dynamique mais aussi une Côte d’Ivoire généreuse, solidaire, juste et libre. La liberté de parole est garantie par la Constitution. Mais beaucoup peinent à y croire. Beaucoup d’Ivoiriens se demandent s’il est encore possible, dans ce pays et en tant que citoyen, de critiquer sans risque l’action gouvernementale et le fonctionnement des institutions de l’Etat.
Les populations ont encore besoin d’être éduquées sur les procédures de signalement auprès des autorités et de divulgation publique des faits illicites portant atteinte à l’intérêt général. Elles ont encore besoin d’être éduquées sur les infractions pénales de diffamation, d’outrage, d’injure, d’atteinte au crédit et au fonctionnement des institutions, d’atteinte à la dignité humaine, de trouble à l’ordre public, de diffusion de fausses nouvelles, etc. qui ont été abondamment exploitées ces dernières années. Les médias pourraient être mis à contribution à ce propos par le ministère de la justice et des droits de l’homme.
L’équation est complexe pour nombre d’Ivoiriens et de lanceurs d’alerte lorsqu’il faut concilier ces chefs d’accusation avec l’appel à la dénonciation citoyenne encouragée, par exemple, par la plateforme Signalis et la Haute autorité pour la bonne gouvernance. Se taire, cependant, c’est accompagner et encourager la mauvaise gouvernance et laisser perdurer des faits et situations contraires à l’intérêt général.
Monsieur le Président de la République,
Derrières les sons endiablés qui sortent des bistrots des quartiers de nos villes, ça soupir en silence. Un jour prochain que le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » espère ne jamais voir arriver, ça soupirera bruyamment. Le marketing politique, aussi brillant et efficace soit-il, est souvent rattrapé par la laideur du quotidien. Le tout sécuritaire aussi conduit à des voies désespérées comme nous l’a démontré la crise de 2002 à 2011.
Le scénario décrit arrivera si la Côte d'Ivoire continue sa trajectoire actuelle, avec tous les problèmes qu’elle traîne derrière elle comme un boulet. La crise de 2002 à 2011 que certains croyaient irréaliste faisait bien partie des études prospectives de 2007 et était prévue par les scénarios pessimistes de « La chauve-souris étranglée » et du « suicide du scorpion ».
Il faut à la Côte d’Ivoire un nouveau contrat social et un nouveau contrat politique sinon, quoi qu’on fasse, même avec le confort du soutien des puissances extérieures qui veulent utiliser la Côte d’Ivoire comme base avancée, on foncera tout droit dans le mur.
C’est maintenant qu’il nous faut prendre collectivement et sans finasser les bonnes initiatives et les bonnes résolutions. Nous sommes à quatre ans des prochaines échéances et encore très loin du brouhaha des périodes électorales pour résoudre tranquillement en chœur et dès maintenant les problèmes à venir pour que 2030 ne soit pas une autre année du chaos, des manifestations suivies de morts et d’arrestations musclées.
Aux partis et groupements politiques
Il est connu qu’en Afrique, les réformes électorales annoncées vendent le renforcement de la démocratie et l’amélioration des processus électoraux. Mais, dans les faits, elles servent à verrouiller le système en faveur du parti au pouvoir qui façonne les règles à son avantage et jamais pour renforcer la démocratie et l’indépendance et l’impartialité des organes électoraux. Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » espère qu’il n’en sera pas encore le cas avec le nouvel organe électoral en réflexion.
Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » se réjouit des rencontres politiques initiées par le PPA-CI autour de la question. C’est maintenant qu’il faut poser sur la table les conditions d'élections justes et non à un an ou à six mois avant les échéances de 2030. L’agenda politique national est dicté par le pouvoir en place. Le Président Alassane Ouattara a renforcé ce principe républicain et en a fait un verrou en le couplant très souvent aux visites de travail de certains partenaires bilatéraux ou multilatéraux.
Mais, opposant, le même Alassane Ouattara a montré qu’il est possible d’imposer son propre rythme politique à la République et d’enfermer celle-ci dans un autre calendrier. Mais, cela ne peut aboutir comme l’ont fait le RDR, le PDCI et les autres partis politiques qui ont formé le RHDP que dans une union réelle des forces et des ambitions. A la chasse, des guerriers qui se battent pour savoir qui est le plus adulé, le plus vaillant ou le plus adroit laissent toujours s'échapper leur proie. On ne se bat pas sur un éléphant alors qu’on ne l’a pas encore tué et dépecé.
Bonne rentrée à toutes et à tous avec cette radioscopie de notre pays.
Fait à Abidjan, le 05 septembre 2026.
Pour « Les Démocrates de Côte d’Ivoire ».
Le Président
Prof. Séraphin Prao
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