upl.ci : Sévérin Bouatini, sous-préfet de Diawala, dans la Région du Tchologo, a associé, le vendredi 21 août 2026, la Fédération des coopératives minières de Côte d’Ivoire (FECOMCI) à la journée de sensibilisation des populations de sa Sous-préfecture, sur la nécessité de créer des coopératives minières en vue de sortir de l’illégalité. La rencontre a eu lieu à la Sous-préfecture de la ville.
La rencontre a été l’occasion pour le sous-préfet de faire l’état des lieux de l’orpaillage illégal à Diawala à son arrivée et le point de ses actions menées, un an après sa prise de fonction en août 2025.
« Je suis venu en août 2025 et j’ai trouvé une situation minière chaotique (…) La Sous-préfecture de Diawala était appelée la zone de prostitution par les orpailleurs illégaux, tellement ils venaient faire tout et n’importe quoi ici », a décrié la première autorité administrative de Diawala.
Pour Sévérin Bouatini mêmes les machines qui broyaient l’or étaient en bordure de voies de la ville de Diawala. « C’était devenu comme une activité normale. J’ai trouvé que ce n’était pas acceptable surtout que les conséquences étaient dévastatrices, avec la destruction des terres, l’alimentation de la guerre à côté avec les djihadistes, l’augmentation des grossesses en cours de scolarité, les viols, les agressions, la fuite de l’or vers d’autres destinations. Ils sont allés jusqu’à arracher les femmes des pauvres populations, les accidents aussi étaient croissants… », a expliqué le sous-préfet.
C’est au vu de ses nombreux dégâts que le représentant de l’Etat a trouvé qu’il ne fallait plus laisser prospérer cette situation. Il a donc entamé, avec l’appui de la Direction régionale des Mines, une phase de sensibilisation.
« Mais vous savez, les habitudes ont la peau dure. Depuis 24 ans les gens sont dedans. Nombreux sont ceux qui ne voulaient pas accepter. Nous avons dû prendre le taureau par les cornes. Avec l’appui de la haute direction de la Gendarmerie nationale qui nous voulons encore saluer, nous avons pu faire la phase de répression », a déclaré M. Bouatini.
Selon lui, cette phase a pu porter ses fruits. « Beaucoup de jeunes ont quitté notre territoire. Ils sont allés d’où ils sont venus. Et aujourd’hui, notre circonscription respire, même si l’on sait que ce n’est pas facile », a-t-il affirmé.
Aussi pour le représentant du chef de l’Etat à Diawala, après la phase de répression, les jeunes ont accepté de se faire coacher. Aujourd’hui sur ses conseils et orientation, la sous-préfecture de Diawala a, à son actif, 17 coopératives minières. Il a appelé tous ceux qui sont encore sceptiques de rejoindre leurs camarades. Séance tenant, il a remis officiellement deux permis d’exploitation à M. Tuo Kafana qui n’est même pas de la ville et qui par persévérance a pu obtenir son permis d’exploitation en moins d’un an.
Le sous-préfet a également révélé avoir initié un travail avec l’appui de sa hiérarchie, le préfet du département de Ouangolodougou. C’est d’avoir écrit au ministre Sangafoa, pour lui demander d’octroyer une superficie aux jeunes de Diawala en attendant qu’ils se constituent légalement. « Parce que nous avons une autre approche. Il ne s’agit pas de chasser les jeunes ou de fermer les sites pour les fermer. Parce que c’est devenu pour eux un moyen de subsistance. C’est devenu du travail pour eux surtout après 24 ans de pratiques. Sinon cela risque de devenir un véritable problème de sécurité », a-t-il défendu.
Pour Sévérin Bouatini, le sens de leur démarche est de permettre à l’Etat de contrôler : « savoir qui travaille, quelles quantités d’or qui sortent, qui vend et là où l’or va. » Il a indiqué également avoir écrit au vice-premier ministre, président du Conseil régional du Tchologo, Téné Birahima Ouattara. Pour lui montrer combien ils sont engagés dans la lutte afin de les aider sur le plan financier pour la formation des jeunes. Parce que la gestion des coopératives nécessite une formation et qu’il va falloir suivre des procédures pour l’obtention des documents en vue de fonctionner dans la légalité.
La Fédération des Coopératives minières de Côte d’Ivoire (FECOMCI) a répondu présente à cette journée de sensibilisation avec une forte délégation.
A cette occasion, son président, Koné Seydou, a tenu un langage de vérité à l’adresse de la jeunesse, des exploitants miniers et des populations de Diawala.
« Quel avenir voulons-nous pour l’exploitation minière artisanale dans nos territoires ? Notre secteur fait vivre de nombreuses familles. Il crée des emplois et génère des activités économiques. Mais nous devons aussi reconnaître les réalités », a relevé le président de la FECOMCI. Pour lui ces réalités riment avec « désordre, informalité, exploitation illégale, manque de traçabilité, insuffisance de formation, accidents, conflits et dégradation de l’environnement. »
Pour l’invité du sous-préfet de Diawala, l’État de Côte d’Ivoire ne peut pas accepter durablement que l’activité minière se développe dans l’anarchie et en dehors des règles établies. Pour lui, tous ceux qui ont décidé de faire de l’activité minière leur gagne-pain quotidien doivent désormais savoir une seule chose, « soit rester dispersés pour subir le changement, soit s’organiser en coopératives pour devenir des acteurs responsables du changement. »
Koné Seydou a à cet effet, invité les acteurs du secteur minier artisanal à se mettre ensemble en se constituant en coopératives. » Il a précisé que la coopérative ne doit pas être un simple document administratif mais plutôt elle doit devenir un véritable instrument d’organisation, de formalisation, de formation, de solidarité, de discipline et de responsabilisation des acteurs.
« Créer une coopérative ne donne pas automatiquement le droit d’exploiter une mine. Et être membre de la FECOMCI ne remplace aucune autorisation exigée par l’État », a-t-il déclaré. Pour le président de la FECOMCI, les coopératives ne doivent pas servir à couvrir l’illégalité. « Au contraire, nous voulons qu’elles deviennent une porte d’entrée vers l’organisation, la responsabilité et la formalisation », a clarifié Koné Seydou.
A en croire le président de la FECOMCI, la question de l’environnement demeure une urgence. Parce qu’il n’est pas question d’extraire de l’or aujourd’hui et laisser demain à leurs enfants des terres détruites et des cours d’eau pollués. « La richesse minière ne peut pas se construire au prix de la destruction de notre patrimoine naturel », a-t-il souligné.
Ainsi, le président Koné Seydou a indiqué que l’une des missions de la FECOMCI est de promouvoir auprès des coopératives une nouvelle culture. Il s’agit de la protection des cours d’eau, la prévention des pollutions, la gestion responsable des déchets, la sécurisation des excavations, la réhabilitation des sites et le reboisement. Pour M. Seydou tous les exploitants miniers doivent savoir que « L’OR NE DOIT PAS NOUS COÛTER NOTRE EAU. » C’est pourquoi sa fédération a mis une organisation hiérarchique territoriale en place en vue d’accompagner la transformation du secteur minier ivoirien.
Le président de la FECOMCI a invité les 17 coopératives de Diawala à réjoindre la FECOMCI en vue d’amorcer ensemble la transformation du secteur minier et surtout de mieux se faire entendre auprès des pouvoirs publics.
Il faut noter que le commandant de Brigade de gendarmerie, le chef de poste des Eaux et Forêts de Diawala, le chef de service Mines de la Direction régionale des Mines… étaient présents à cette journée de sensibilisation.
SERCOM de la FECOMCI
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