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Côte d’Ivoire : Culture en milieu carcéral : l’AECI et la Bibliothèque nationale au côté des détenus

Côte d’Ivoire : Culture en milieu carcéral : l’AECI et la Bibliothèque nationale au côté des détenus

Unite.ci : Et si, derrière les barreaux, le livre pouvait ouvrir les portes de la liberté ? C’est tout le sens de l’initiative portée par l’Association des écrivains de Côte d’Ivoire (AECI), en collaboration avec la Bibliothèque nationale, qui a procédé, le 13 août 2026, à une importante remise de livres aux pensionnaires du Pôle pénitentiaire d’Abidjan (PPA), ex-MACA, à Yopougon.


Cette action, placée sous le signe de la culture, de la connaissance et de l’espoir, fait suite à une collecte d’ouvrages initiée par le doyen Foua Ernest de St Sauveur en faveur des personnes détenues. Bien plus qu’un simple don de livres, elle traduit la volonté des acteurs du monde culturel de renforcer l’accès à la lecture et à la connaissance en milieu carcéral, tout en maintenant un lien entre les personnes détenues et la société.

Pour la Directrice de la Bibliothèque Nationale, Mme Adjiman née Nandoh Chantal, cette initiative s’inscrit dans une démarche commune visant à promouvoir le livre et à en faciliter l’accès aux populations carcérales. « C’est une action commune » en faveur de la promotion et de l’accès au livre en milieu carcéral, a-t-elle expliqué, précisant qu’il ne s’agit pas seulement de déposer des ouvrages, mais également de proposer aux détenus des activités autour du livre et de la lecture.

Selon elle, cette démarche s’inscrit dans les initiatives portées par Françoise Remark, ministre de la Culture et de la Francophonie, en faveur de la démocratisation de l’accès à la culture.

Même conviction du côté de la Présidente de l’Association des Ecrivains de Côte d’Ivoire (AE-CI), Hélène Lobé, pour qui le livre doit permettre aux pensionnaires de « s’évader » autrement. La lecture constitue, à ses yeux, une passerelle entre la population carcérale et ceux qui vivent à l’extérieur.

Elle a également annoncé la volonté de développer des activités culturelles, notamment des tables rondes et des rencontres destinées à permettre aux détenus d’apprendre à écrire. Invitant les pensionnaires à mettre à profit ce temps de recul pour lire et écrire, elle les a encouragés à s’essayer à la création littéraire. « La prison forme aussi les écrivains », a-t-elle soutenu, faisant de l’univers carcéral non seulement un lieu de privation de liberté, mais aussi un possible espace de réflexion et de création.

Du côté de l’Administration Pénitentiaire, l’initiative a été accueillie avec enthousiasme. Bamba Tiahaté, Sous-Directeur de la Réinsertion et des Affaires Sociales à la Direction de l’Administration Pénitentiaire, a salué une action d’une « très haute portée ».

« Le livre dans une prison, c’est la liberté », a-t-il déclaré, soulignant l’importance de la présence des acteurs du monde du livre auprès des personnes détenues. « Votre présence nous réjouit », a-t-il ajouté.

Profitant de cette occasion, le responsable a formulé une doléance à l’endroit de la directrice de la Bibliothèque nationale. Il souhaite que les petites bibliothèques installées dans les différents bâtiments de la prison puissent être davantage équipées et que la Bibliothèque nationale accompagne également le projet de construction d’une bibliothèque centrale, dans un bâtiment dédié à cet effet.

L’Administrateur Principal du Pôle pénitentiaire d’Abidjan (PPA), Koffi Kouassi, a, pour sa part, exprimé sa gratitude aux donateurs, notamment à l’Association des écrivains de Côte d’Ivoire et à la Bibliothèque nationale, pour « la qualité et le nombre important » des ouvrages remis.

Il a également tenu à saluer le geste de Traoré Mamadou, écrivain et ancien pensionnaire du PPA, qui avait promis, au moment de sa libération, de revenir faire des dons aux personnes détenues. Une promesse désormais concrétisée.

Koffi Kouassi a assuré que les ouvrages reçus seront utilisés à bon escient, au bénéfice de la population carcérale. Il a, dans le même élan, lancé un appel aux personnes de bonne volonté afin qu’elles s’inscrivent dans cette dynamique et accompagnent davantage le PPA dans sa mission auprès des détenus.

Au-delà des ouvrages déposés sur les rayonnages, cette initiative entend donc faire du livre un véritable outil de réinsertion, d’éducation et d’ouverture sur le monde. Elle rappelle surtout qu’en prison, l’accès à la culture demeure essentiel pour préserver la dignité, stimuler l’imagination et entretenir l’espoir.

Car, même derrière les barreaux, le livre reste une fenêtre ouverte sur le monde, un espace de liberté et une source d’espoir.

OJL

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