upl.ci : L’édition 2026 de la Journée nationale de l’arbre, célébrée ce dimanche 5 juillet à Bouna, a été marquée par une vaste opération de plantation d’arbres et des engagements citoyens pour un couvert forestier des plus prometteurs dans la région du Bounkani.
Initiée par le Cantonnement des Eaux et Forêts de Bouna, sous l’égide de sa Direction Régionale du Bounkani, cette journée était placée sous la présidence du Préfet de la circonscription régionale et sous le parrainage du Dr Michel Noufé, Directeur des Moyens Généraux du Trésor et de la Comptabilité Publique, par ailleurs cadre de la région.
Devant la population, dans toute sa diversité, y compris le représentant du Roi, la société civile et tous les corps constitués, le chef de l’administration régionale, après avoir présenté tous les efforts du gouvernement à travers la politique ambitieuse du Président de la République pour rétablir le couvert forestier ivoirien, a invité l’ensemble de ses administrés à jouer pleinement leur partition pour emboîter le pas aux actions menées par l’État. “L’État ne peut tout faire seul. Chaque Ivoirien doit planter un arbre. C’est un acte citoyen qui concourt à préserver notre patrimoine et à sauver nos vies face à la menace du désert”, a-t-il plaidé. Dans cette perspective, il a tenu à féliciter vivement le parrain de la cérémonie pour son engagement toujours renouvelé aux côtés des agents des Eaux et Forêts et au service de la région. “Monsieur le Parrain, Dr Michel Noufé, votre engagement est salutaire et mérite d’être encouragé”, a-t-il reconnu invitant tous les autres cadres et la population à suivre l’exemple du Dr Michel Noufé afin de contribuer à la lutte contre la déforestation et l’avancée du désert. Emboîtant le pas au gouverneur et prenant la mesure de la situation qui prévaut dans sa région natale, le parrain s’est voulu clair, déterminé et engagé en lançant un appel des plus pressants à ses parents du Bounkani :
"Chères populations, l’heure n’est plus aux simples constats, elle est à l’action immédiate. Regardons la réalité en face : notre climat change, et il change dangereusement. Nous subissons tous de plein fouet les effets du changement climatique ici, dans le Bounkani. Les saisons des pluies sont devenues imprévisibles, perturbant le calendrier de nos braves agriculteurs. Les périodes de sécheresse sont plus longues, l’harmattan est plus agressif, la poussière s’infiltre partout et la chaleur devient parfois étouffante. Nos cours d’eau s’assèchent à un rythme jamais vu auparavant.
Ce changement climatique n’est pas une fatalité divine. C’est le résultat direct de nos actions. C’est la conséquence de la destruction de nos forêts et de l’abattage abusif de nos essences locales. En détruisant l’arbre, nous détruisons le bouclier qui nous protège du désert. Face à cette menace, la seule arme que nous avons, c’est le reboisement. Reboiser ne doit plus être une simple activité ; reboiser doit être une question de survie pour le Bounkani. L’arbre est le seul climatiseur naturel capable de faire baisser la température de notre région. C’est l’arbre qui attire la pluie, c’est lui qui retient l’eau dans nos sols, et c’est encore lui qui redonne de la fertilité à nos terres agricoles pour garantir notre sécurité alimentaire.
Le thème de cette année résonne comme un appel d’urgence : « Chaque arbre compte, je plante mon arbre ». J’invite donc chaque habitant de Bouna, chaque chef de ménage, chaque jeune, chaque femme, à devenir des acteurs de l’environnement. Planter un arbre doit devenir un réflexe pour chaque événement de notre vie : une naissance, un mariage, une réussite à un examen. Mais planter ne suffit pas, il faut entretenir, protéger et arroser." s'est-t-il préoccupé.
Dr Michel Noufé s’est réjoui toutefois, de l’initiative du Cantonnement des Eaux et Forêts et a rassuré de son accompagnement constant. Le parrain n’est pas passé sous silence le cadre choisi pour célébrer la Journée de l’arbre à Bouna. En effet, c’est l’école où il a commencé ses premiers pas dans l’apprentissage scolaire avant de devenir aujourd’hui Directeur des Moyens Généraux du Trésor et de la Comptabilité Publique.
“Chères populations, mes parents du Bounkani, c’est avec une émotion profonde et un cœur rempli de souvenirs que je prends la parole devant vous aujourd’hui. En acceptant de parrainer cette édition 2026 de la Journée Nationale de l’Arbre, je savais que je répondais à un devoir civique. Mais ce que je mesurais moins, c’est le choc émotionnel que je ressentirais en franchissant le portail de cette école. Oui, Monsieur le Préfet, distingués invités, cette école, l’EPP Bouna Centre, c’est mon école. C’est ici même, dans cette cour, que l’enfant que j’étais a appris à lire, à écrire et à rêver. Revenir ici aujourd’hui en tant que Directeur des Moyens Généraux du Trésor et de la Comptabilité Publique, pour parrainer un événement d’une telle portée nationale, est un privilège que je dois à cette terre sacrée de Bouna qui m’a tout donné”, a-t-il révélé, tout en insistant sur la nécessité pour chacun de planter pour un Bounkani plus vert, plus ombragé et plus rayonnant pour les générations futures.
Dans son adresse, le capitaine Assamoi Romaric, chef du Cantonnement des Eaux et Forêts de Bouna, s’est inquiété de la dégradation avancée de la forêt, passant de 16 000 hectares à 3 000 hectares, avant de présenter l’objectif de la Stratégie de Préservation, de Réhabilitation et d’Extension des Forêts (SPREF), qui , a-t-il dit, est de porter le taux de couverture forestière à au moins 20 % du territoire national à l’horizon 2030. Dans cette vision, il a tenu à exprimer sa reconnaissance au parrain, dont la contribution à la réussite de la journée répond à un engagement citoyen qui augure des lendemains meilleurs dans la lutte contre la déforestation dans la région du Bounkani et, partant, dans toute la Côte d’Ivoire. “Nous remercions le Dr Michel Noufé pour son soutien constant à nos actions dans la lutte contre le réchauffement climatique et la menace du désert afin de sauver des vies. Car l’arbre est le pilier de la vie et de la sécurité alimentaire”, a-t-il indiqué.
L’ingénieur des Techniques des Eaux et Forêts s’est insurgé contre ceux qui s’adonnent à la destruction du verger ivoirien, dont certaines essences clés de la région, telles que le néhré et le karité. Tout en rappelant la répression contre ces individus indélicats, le chef du Cantonnement a toutefois fait remarquer que le rôle des agents des Eaux et Forêts ne consiste pas seulement à réprimer, mais aussi à conseiller et orienter les citoyens pour la préservation de la faune et de la flore.
Après les félicitations et les conseils d’usage du parrain à ses filleuls et aux populations, une vaste opération de plantation d’arbres a été lancée avec la participation des autorités politiques, administratives ainsi que de la société civile. C’est dans une folle ambiance de fête, entretenue par une animation folklorique, que le Préfet de région, Préfet de Bouna, Chérif Brahima, a mis fin à la cérémonie après une adresse solennelle invitant chacun et chacune à une action citoyenne pour bâtir la grande Côte d’Ivoire, comme le souhaite le Président de la République, Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara.
Paul Arnaud
Envoyé spécial dans le Bounkani
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