upl.ci : À Toumodi et Djekanou, une nouvelle dynamique est en marche pour transformer durablement les pratiques d’élevage. À l’initiative du projet Meliteji Wasu, une session d’information et de formation a réuni le vendredi 10 avril 2026, une trentaine de représentants de coopératives d’éleveurs autour d’une innovation prometteuse : le Maralfalfa, un fourrage à haut rendement.
Organisée avec l’appui de Heifer International et en partenariat avec la Coopérative Nationale des Acteurs de l’Économie Fourragère de Côte d’Ivoire (CNFE-CI), cette rencontre visait à sensibiliser les éleveurs à l’importance des cultures fourragères dans l’amélioration de la productivité laitière.
« La mission de Heifer International est d’accompagner les éleveurs afin d’améliorer leur productivité laitière. Or, qui parle d’augmentation de la productivité évoque nécessairement la question de l’alimentation des animaux », a expliqué Ya Essé Siméon, technicien d’élevage au sein de l’organisation.
« Chez les bovins, l’élément clé reste le fourrage. »
Face aux défis liés à l’alimentation du bétail, notamment dans un contexte de pression foncière croissante, les promoteurs du projet misent sur une solution concrète : encourager la culture du Maralfalfa, une variété de Pennisetum purpureum reconnue pour sa forte productivité.
« La séance d’aujourd’hui avait pour objectif de sensibiliser les acteurs à l’adoption des cultures fourragères, en mettant un accent particulier sur le Maralfalfa », a poursuivi Ya Essé Siméon, saluant au passage l’implication des responsables de la CNFE-CI.
Présent lors de la rencontre, le président de la CNFE-CI, Kouamé Samuel Souahode, a insisté sur l’importance de cette innovation dans la transformation du secteur.
« Nous avons organisé cette session pour présenter une innovation technologique visant à favoriser la sédentarisation des activités d’élevage », a-t-il déclaré.
« Concrètement, il s’est agi d’expliquer comment cultiver et transformer le Maralfalfa, tout en montrant qu’il existe des solutions adaptées à une gestion plus stable et durable de l’élevage. »
Selon lui, l’intérêt manifesté par les participants laisse entrevoir des perspectives encourageantes.
« Les échanges ont été particulièrement constructifs et cordiaux. Nous espérons que cette initiative connaîtra des suites favorables grâce au projet Meliteji Wasu. »
Au total, une trentaine de représentants de coopératives ont pris part à cette session, un choix stratégique pour assurer une diffusion élargie de l’information auprès des éleveurs de la zone.
Du côté des bénéficiaires, l’enthousiasme est palpable. Mohamed Dicko, président de la Société Coopérative des Éleveurs de Bovins de Toumodi, voit dans cette initiative une réponse adaptée aux réalités locales.
« Aujourd’hui, nous avons pris part à une véritable session de formation. Le Maralfalfa nous a été présenté en détail et il suscite un réel intérêt chez nous », a-t-il confié.
Dans une zone où les terres sont de plus en plus accaparées par les activités agricoles, les éleveurs doivent repenser leurs pratiques pour survivre.
« Pour maintenir et développer l’élevage, il devient indispensable d’adopter la culture du Maralfalfa », a-t-il souligné.
Outre sa facilité de culture — avec des premières récoltes possibles dès deux mois après la plantation —, c’est surtout son rendement qui impressionne.
« Un hectare peut nourrir jusqu’à 150 têtes de bovins par an. C’est considérable », s’est-il réjoui.
Convaincu par les avantages de cette culture fourragère, Mohamed Dicko assure que l’adhésion des éleveurs ne fait guère de doute.
« Après concertation avec les membres de notre coopérative, nous sommes favorables à ce projet. Nous pensons que tout le monde va y adhérer. »
Reportage réalisé à Toumodi par Oussou Jean Léon (OJL).
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