upl.ci : La Côte d’Ivoire amorce un tournant décisif dans la mise en œuvre de sa stratégie climatique. Ce jeudi 9 avril 2026 s’est ouvert l’atelier inaugural de l’Unité de travail chargée du suivi de la taxonomie et de la divulgation (UTSTD), un dispositif inédit en Afrique subsaharienne, conçu pour transformer les engagements environnementaux en flux financiers concrets.
Désormais, l’État ivoirien ne se limite plus à des déclarations d’intention. Il inscrit son action dans une dynamique structurée et opérationnelle. Placée sous l’autorité du Premier ministre et intégrée à la Commission nationale de lutte contre les changements climatiques (CNLCC), l’UTSTD a officiellement lancé ses travaux, prévus du 9 au 10 avril 2026.
Cette initiative vise à doter le pays d’un référentiel technique rigoureux, capable d’identifier avec précision les activités économiques véritablement durables. À travers cette démarche, le gouvernement entend faire de la taxonomie climatique un levier stratégique de mobilisation des financements.
La taxonomie climatique constitue en effet un outil de classification permettant de distinguer les activités contribuant réellement à la lutte contre le changement climatique. En tant que cadre de référence, elle oriente les investissements vers des projets alignés sur une trajectoire de développement bas carbone.
Les enjeux sont considérables : pour financer ses nouvelles Contributions déterminées au niveau national (CDN 3.0), la Côte d’Ivoire devra mobiliser 62,06 milliards de dollars américains. Avec la mise en place de l’UTSTD, le pays franchit ainsi une étape majeure dans le renforcement de sa gouvernance climatique.
Pour Guillaume Vermeulen, chef de projet Transition bas carbone à Expertise France, l’heure est désormais à l’efficacité :
« Il ne s’agit plus seulement d’investir, mais d’investir de manière pertinente et ciblée », a-t-il souligné, rappelant que la transition écologique n’est plus une option, mais une transformation inéluctable.
Au-delà de la classification des activités, l’UTSTD aura également pour mission de superviser la divulgation extra-financière. Concrètement, il s’agira d’assurer aux bailleurs de fonds et aux investisseurs internationaux une transparence totale quant à l’utilisation des ressources et à l’impact réel des projets. Un cadre indispensable pour attirer les obligations vertes et les financements climatiques.
Patricia Adiko, directrice de la CNLCC et représentante du ministère de l’Environnement, a insisté sur l’importance de cette avancée :
« Il devient impératif pour notre pays de se doter d’outils robustes et cohérents afin de renforcer la confiance de nos partenaires. »
En passant d’une logique d’engagement à une logique d’exécution, la Côte d’Ivoire affiche une ambition claire : réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 33,07 % à l’horizon 2035. Soutenu par l’Union européenne et Expertise France, ce chantier structurant positionne le pays comme un acteur majeur de la finance durable en Afrique, capable de transformer son modèle économique pour le rendre plus résilient et inclusif.
OJL
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