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Côte d'Ivoire : Témoignage / le combat d’une mère contre un mariage forcé et plusieurs années de violences conjugales

Côte d'Ivoire : Témoignage / le combat d’une mère contre un mariage forcé et plusieurs années de violences conjugales

Unite.ci : Née le 02 janvier 1997 à Kaabo, dans la sous-préfecture de Béoumi, en Côte d’Ivoire, Mlle K. A. A est issue d’une famille de six enfants dont quatre filles et deux garçons. Quatrième de sa fratrie, elle a grandi entre les valeurs familiales et la foi chrétienne, dans un environnement modeste où son père était agriculteur et sa mère ménagère.

Après son parcours scolaire, la jeune femme obtient en 2016 un diplôme secondaire en secrétariat bureautique. Déterminée à poursuivre ses études, elle intègre par la suite l’École Supérieure de Commerce (ESC) où elle décroche un Brevet de Technicien Supérieur en Assistanat de Direction.

Grâce à cette formation, Angelina Koffi entame sa carrière professionnelle en 2018 comme assistante de direction au Centre d’Animation et de Formation Pédagogique (CAFOP) de Bouaké. Elle exercera également dans la même fonction à l’École Supérieure de Commerce en 2019. L’année suivante, elle devient professeure de Technique Administrative et Bureautique (TAB) à l’Institut Cours et Cabinet ESCACC dans la ville de San-Pedro.

Mais derrière ce parcours académique et professionnel se cache une histoire marquée par des épreuves particulièrement difficiles.

Une vie bouleversée dès l’adolescence

Tout bascule en 2011, alors qu’Angelina n’a que 14 ans. À cette époque, un homme influent, F. K., colonel dans l’armée ivoirienne et âgé d’environ 50 ans, commence à s’intéresser à elle. L’homme l’observait régulièrement lorsqu’elle se rendait à l’école. Un jour, il l’aborde et lui propose de devenir sa troisième épouse.

La jeune adolescente rejette catégoriquement cette proposition. Cependant, éloignée de ses parents et vivant chez son grand-père à Bouaké, elle se retrouve rapidement sous pression.

Selon son témoignage, le colonel aurait alors pris contact avec son grand-père qui, par la suite, aurait commencé à l’intimider afin qu’elle accepte ce mariage. L’argument avancé reposait notamment sur l’idée qu’une femme africaine s’accomplit dans le mariage et dans le statut social que cela peut lui apporter.

Malgré son refus ferme, un arrangement de mariage aurait été conclu sans son consentement. Six années sous la contrainte. Face aux menaces et à l’absence de soutien familial immédiat, Angelina affirme avoir été contrainte de vivre avec cet homme à partir de janvier 2012.

Elle décrit ces années comme une période marquée par la violence physique et psychologique. Elle affirme avoir vécu sous l’autorité d’un homme qu’elle qualifie de brutal, nerveux et contrôlant.

Pendant six ans, de 2012 à 2018, elle vit sous ce toit sans avoir d’enfant.

Une nouvelle relation et l’escalade des menaces. En 2018, Angelina rencontre un autre homme avec qui elle développe une relation sentimentale. Elle finit par tomber enceinte et donne naissance à un garçon le 03 septembre 2019 à Bouaké, nommé K.N. E. B.M..

La naissance de cet enfant va cependant raviver les tensions. Après avoir mené ses propres investigations, le colonel découvre que l’enfant n’est pas le sien.

Selon Angelina, cette découverte aurait déclenché une série de représailles : menaces de mort, intimidations, violences, restrictions de déplacements et pressions constantes.

Une fuite pour sauver sa vie

Face à la dégradation de la situation, Angelina décide finalement de fuir avec le père de son enfant pour se réfugier dans une autre ville, notamment à San-Pedro. Mais même après cette fuite, elle affirme que le colonel aurait continué à mener des recherches pour retrouver leur trace, allant jusqu’à les surveiller afin de se venger. Elle dit également avoir reçu plusieurs convocations provenant de subordonnés du colonel, ce qui renforçait son sentiment d’insécurité. 

À l'occasion des célébrations de la femme à travers le monde, dame A.A.K s'est confié à la presse toujours sous le couvert de l'anonymat. Espérant une note d'espoir pour sa situation personnelle et aussi pour ces nombreuses femmes victimes.

ALLAH koffi André Marius.

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